Lunettes Mykita

MYKITA : L’Origami de la Lunette

Philipp Haffmans-Serge Vandemergel

L’origami, c’est le nom japonais de l’art du pliage du papier, un art qui est la source d’inspiration des designers de la marque de lunettes Mykita

Jeune diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de Berlin, il voulait faire « quelque chose de réel, en relation avec la vie normale », ce fut donc des lunettes. Révolutionnaire du métal chez IC! Berlin dont il fut l’un des fondateurs, aujourd’hui responsable de la création chez Mykita,

 

Philipp Haffmans ouvre pour Lunettes Edition les portes de l’un des créateurs de lunettes les plus en vue du moment.

MYKITA

Designer : Philipp Haffmans

Nationalité : Allemande

Lieu : Berlin, Allemagne

Web site: www.mykita.com

 

On vous prend souvent pour une marque japonaise…

Oui, je sais. D’ailleurs, lors de notre premier voyage au Japon nous étions un peu angoissés. On se demandait comment nos clients de Tokyo allaient réagir. Mais nous avons eu de la chance, en japonais Mykita signifie : « Ceux qui viennent du Nord ».

Ceux qui viennent du Nord, avaient déjà créé une marque prestigieuse, IC! Berlin…

IC! Berlin, c’était notre tout premier produit, celui autour duquel notre quatuor s’est formé en 1996. Aujourd’hui, avec Mykita, l’équipe n’a pas changé: Moritz Krueger, demeure le PDG, Daniel Haffmans, mon frère, qui a une formation d’architecte, s’occupe de l’aménagement de nos magasins, de la communication visuelle ainsi que du packaging, et enfin Harald Gottschling et moi-même sommes responsables de la création.

 

Vos premiers modèles en métal étaient comme un coup de tonnerre dans l’univers de la lunette…

Avec Harald Gottschling, notre dogme de départ était simple: des montures en métal, pas de vis, pas de soudure ! Notre première collection en 1997, c’était une révolution, du jamais vu auparavant, des modèles en inox, avec effet rebondissant! On a passé des mois à trouver le bon alliage et un fournisseur qui soit régulier dans sa qualité de métal. Les gens ont alors découvert la souplesse de notre métal, son travail en origami, c’est-à-dire par pliages successifs.

 

Et aujourd’hui ?

Nous nous sommes complètement repensés. Après dix ans de travail sur le métal, nous sommes passés à l’acétate. Cela représentait un véritable défi pour nous. La matière est beaucoup plus compliquée que le métal dans son processus de fabrication, sa découpe est déterminante. La lunette, c’est comme un bijou, si la forme n’est pas bonne, c’est bidon !

Nous avons fait aussi le pari de nous différencier technologiquement et qualitativement par rapport à nos concurrents. Nos lunettes sont fabriquées chez nous, à Berlin, de A à Z. Elles sont relativement chères mais nous avons le contrôle total de notre produit, de sa qualité. En fait, on peut dire que nous fabriquons un produit créatif de qualité.

Mykita-atelier

Mykita est devenue une marque de référence, vous employez plus d’une centaine de personnes dans votre siège à Berlin, est-ce que l’aspect business ne l’emporte pas aujourd’hui sur la création?

Ce sont deux mondes entre lesquels on navigue en permanence. Le business, la création, mais aussi la technique et la beauté. Nous devons, bien entendu, tenir compte des modèles qui marchent, de ce qui plaît aux gens, mais nous devons aussi aller de l’avant, innover. C’est un vrai choix d’entreprise, un calcul. Grosso modo, la partie qui nous nourrit, c’est l’optique, elle représente à elle seule près de 70% de notre chiffre d’affaires, vient ensuite le solaire qui lui en représente 25% et, enfin, 5% sont dédiés à la création folle, à la collaboration avec de jeunes créateurs de mode.

Philipp Haffmans1-Serge Vandemergel

A l’inverse de la plupart de vos concurrents, vous communiquez sur l’optique…

Vous avez raison. Dans les magazines, la publicité se concentre presque uniquement sur la lunette de soleil. Il y a un décalage entre ce que représente la lunette solaire sur le marché et son impact sur la mode.

Seules les grandes marques comme la notre communiquent sur l’optique. Jusqu’à présent, c’était un produit qui était à côté de la mode, un produit un peu “nurd”. Vous savez, l’opticien qui est regardé comme un médecin, ce n’était pas glamour. De façon générale, cela a pris du temps pour que les gens comprennent que la lunette est un moyen d’exprimer et pas seulement un accessoire, notamment dans l’optique.

Mykita-brillenskizzen

Il semble que votre dernière collection soit plus féminine…

Je ne sais pas… Nous avons dans notre équipe, une nouvelle créatrice, Maria Gerace, qui auparavant dessinait pour Tom Ford. Mais le terme féminin dans la lunette, cela ne veut pas dire grand-chose. C’est un peu comme le débat entre le pantalon et la jupe. L’univers de la lunette est très unisexe. D’ailleurs, à un moment, les lunettes pour femmes avaient quasiment disparues. La vogue du rétro doit s’analyser par rapport à ça, c’est un retour de la féminité dans la lunette.

Propos recueillis par Alexia Roche et Serge Vandemergel

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