Lunettes Meima

MEIMA : la lunette intemporelle

A.Meima portrait - S.V.

Alors qu’il travaille sur sa nouvelle collection, Anthony Meima, sans nul doute l’un des designers de lunettes les plus talentueux du moment, accueille Lunettes Edition dans son showroom parisien.

Une ruelle coquette et paisible, située à deux pas du Jardin du Luxembourg, on se croirait presque à Londres, du côté de Notting Hill Gate : façade maculée de blanc, jolie porte peinte en gris et sobre plaque de métal sur laquelle sont gravées les cinq lettres de la marque qui porte son nom…

MEIMA

Designer: Anthony Meima

Nationalité: Française

Lieu: Paris, France

Web site: www.meima.fr

Anthony Meima - Serge Vandemergel

D’où vient votre envie de créer des lunettes?

J’ai toujours aimé le dessin et le façonnage c’est-à-dire le travail sur le matériau, la découpe, les soudures. Un temps, j’ai pensé dessiner des bijoux, travailler dans la joaillerie, mais il n’y avait pas vraiment d’école pour ça. J’avais entendu parler des études d’optique qui offraient une formation complète, pratique et théorique. J’ai alors quitté ma Bretagne natale et me suis inscrit dans une école à Paris. Mais, je savais déjà que je voulais faire du design et non pas me retrouver dans un magasin.

Quand avez-vous commencé à dessiner vos premiers modèles de lunettes?

J’ai fait un stage chez un créateur, une petite structure. C’est là que j’ai appris à faire des lunettes, à la main. A la sortie de l’école, j’ai acheté des machines d’occasion dans le Jura – le pays de la lunette – pour monter un atelier. En 1992, j’ai commencé à fabriquer quelques prototypes et je les ai envoyés chez des grands couturiers.

Meima montures - S.V.
Karl Lagerfeld, qui à l’époque était directeur artistique de Chloé, a aimé mes modèles et m’a confié pendant deux ans, à raison de deux défilés par an, la réalisation des montures de la marque. J’apportais mes dessins, on choisissait, on déterminait ensemble des tendances de couleur. Ensuite, je me jetais à corps perdu dans la fabrication des modèles, jour et nuit, pendant les 15 jours qui précédaient le défilé. Par la suite, j’ai également travaillé pour Christian Lacroix. La haute couture, c’était passionnant mais surtout épuisant. Et puis, en dehors de ces périodes de folie liées aux nouvelles collections, il ne se passait pas grand-chose.

Meima dessin - S.V.

D’où la création de Meima…

Au départ, je cherchais une activité et des rentrées d’argent plus régulières. Je suis retourné dans l’entreprise où j’avais fait mon stage, comme chef de produit. C’était le début du titane en France, les japonais savaient comment travailler ce matériau mais pas nous. En plus de la partie atelier, je m’occupais des recherches de matières, de couleurs et de traitements de surface. Et puis un jour, en 2002, j’ai su que le moment était venu, qu’il me fallait créer ma propre marque.

Comment définiriez-vous le style Meima?

Je voulais apporter du caractère à la lunette. Ras-le-bol des “lunettes chewing-gum” ! Dès mon premier salon professionnel, le Silmo à Paris, l’épaisseur de la matière est devenue l’image de marque de Meima. Je travaille des plaques d’acétate dont l’épaisseur est de 8 mm. En général, chez les autres marques, c’est 4 ou 6 mm maximum.

Meima acetate - S.V.

Quelles sont vos sources d’inspiration?

C’est une question à laquelle je suis bien incapable de répondre ! Quand je prends mon crayon, je ne sais pas ce qui va se passer. Il est rare que j’aie une forme dans la tête. Cela vient en dessinant. Pour moi, un design de lunette réussi, c’est une forme permanente, qui ne se périme pas. Ce n’est pas une question de mode, je ne m’inspire pas des tendances. L’objet doit être beau et surtout être harmonieux sur le visage.

Comment savez-vous qu’un modèle est réussi?

Quand je l’aime. Je dessine les formes que j’aime avant tout.

Meima graphisme - S.V.

Qui porte vos lunettes?

Des hommes et des femmes, un peu partout dans le monde. Meima est vendue en Europe mais aussi au Japon et aux Etats-Unis, chez des opticiens haut de gamme. Et puis, il y a quelques personnalités…

Lesquelles?

Il y en a un dont je suis très fier, c’est Bruno Pieters, le jeune styliste flamand qui dessine les collections de Hugo Boss. Il porte le modèle XV. Lui, la forme, il connaît. Ses créations sont de véritables sculptures en tissu.

Propos recueillis par Alexia Roche

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  1. Lehoussine
    24 août 2009 à 22 h 33 min

    J’ai apprécié votre article:il est juste.
    Je porte des lunettes de vue sur des montures”Meima”depuis plusieurs années. On m’en fait souvent compliment,(ce qui n’est pas si courant à propos des lunettes, en général).
    Lorsque je change les verres,malheureusement assez régulièrement, je réutilise les montures (j’en possède 4); elles ne me semblent pas “datées” ni abimées.Gage de qualité.
    Par ailleurs,je suis toujours surprise que les opticiens qui m’appareille m’interroge sur la provenance des montures et ne semblent pas connaitre le créateur-fabricant. Dommage!

  2. mosset
    19 septembre 2009 à 14 h 23 min

    je découvre votre site et cela m’attire assez de porter vos monture on ne sait jamais le monde est petit

  3. mosset
    19 septembre 2009 à 14 h 24 min

    bonjour, je découvre votre site est je suis épatée par votre parcours… Aurais je la chance de porter un jour vos montures

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