Fabrication de lunettes & accessoires

Du vinyle aux lunettes de soleil, Tipton sublime nos vieux disques

La boutique Eyespleasure à Paris présente la collection de Zachary Milaskey, fondateur de la marque de lunettes Tipton. Avec la ligne Vinylize, il entre dans le cercle fermé des créateurs soucieux à la fois de l’environnement et du design. Rencontre avec un passionné.

Lunette@ttitude: Vous avez fondé votre marque de lunettes, Tipton, en 1998. Comment en êtes-vous venu à la création optique?

Zachary Milaskey: Lors de mes études à Seattle, aux États-Unis, j’ai eu besoin de lunettes. Le modèle qui me plaisait dépassait mon budget. J’ai donc décidé de fabriquer ma propre paire de lunettes. J’ai toujours été intéressé par le design. Après des études musicales au lycée, je suis entré dans une école de commerce aux États-Unis, puis j’ai suivi une formation en optique ainsi qu’en histoire de l’art en Hongrie, mon pays d’origine. D’autre part, mon père est architecte. Très jeune déjà je l’assistais sur des projets de construction d’immeubles ou d’aménagements d’intérieurs. D’ailleurs, Tipton est le nom de mon père. Je créé de nombreux autres objets comme des ceintures ou des systèmes d’éclairages mais je trouve que les lunettes sont fascinantes: elles offrent un maximum de possibilités tout en étant un petit objet.

L@: Vous présentez la collection Vinylize chez Eyespleasure. Quelle est sa particularité?

ZM: Comme son nom l’indique, Vinylize est une ligne de lunettes inspirée des vinyles. C’est même plus que cela puisque les lunettes sont fabriquées à partir de vieux disques vinyles que l’on colle sur des plaques d’acétate aux couleurs exclusives.

L@: Vous vous inscrivez donc dans une démarche de recyclage.

ZM: Tout à fait. Il s’agit d’utiliser le plus de matière possible. Avec les 45 tours nous créons les étuis, tandis que l’on moule les 33 tours sur des visages pour fabriquer les supports de présentation des lunettes. L’on transforme les pochettes en cartons en sacs, distribuées lors de l’achat d’une paire Vinylize.

L@: Comment décide-t-on d’utiliser des disques vinyles pour créer des lunettes?

ZM: L’idée m’est venue tard un soir alors que je cherchais à exploiter de nouveaux matériaux. J’avais déjà expérimenté l’acrylique ou le polycarbone mais je cherchais quelque chose de nouveau. Or, à cette époque je travaillais dans le garage de mon père et j’ai retrouvé sa vieille collection de disques vinyles. Ils y sont tous passés!

L@: Aujourd’hui d’où proviennent-ils?

ZM: On écume les marchés aux puces, on reçoit des dons d’amis, on se focalise sur des sites marchands comme eBay. Récemment, un distributeur hongrois nous a vendu un stock de 10 000 pièces.

L@: Tipton a été nominée deux fois, en 2004 et en 2007, pour les Silmo d’or qui récompensent le meilleur de la création lors du Salon international de l’optique de Paris. Depuis 2010, vous comptez Elton John, Lenny Kravitz ou encore Flo Rida, parmi vos clients. Comment envisagez-vous l’avenir de Tipton?

ZM: J’envisage un futur brillant pour Vinylize. Comme vous le soulignez, nous comptons plusieurs chanteurs parmi nos clients. Cette connexion avec le monde de la musique renforce notre image. D’autre part, le marché des produits recyclés est en pleine expansion. Concernant le design de la collection, nous travaillons sur de nouveaux modèles que nous présenterons lors du prochain Silmo (salon international de l’optique à Paris). Nous voulons associer le métal au vinyle pour élargir Vinylize à une trentaine de modèles.

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